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Articles étiquettés ‘workshop’

La jeunesse irakienne s’ennuie / Iraqi youth is bored

novembre 28, 2008 · Un commentaire

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Ahmed, 22 ans, héros du film documentaire de Fouad Yassin, sur le tournage d’aujourd’hui.

Ahmed, 22, main character of Fouad Yassin’s documentary film, on today’s shooting.

Aujourd’hui, toutes les équipes de stagiaires ont commencé à tourner. Parmi eux, Fouad Yassin, réalisateur, travaille pour la télévision kurde irakienne Solidarity.

Son projet de documentaire pour l’atelier est de raconter la vie d’Ahmed, un jeune Kurde irakien qui répare des ordinateurs et mène, à Suleymani, une existence privée des plaisirs habituels de la jeunesse. Dans la deuxième ville du Kurdistan d’Irak, en effet, il ne fait pas bon avoir vingt ans. Pas de flirt avec les filles, pas de sorties culturelles (ni concerts, ni théâtre, ni cinéma), pas de soirées folles dans les bars… Muselés par la tradition et l’absence de lieux pour se détendre et s’amuser, les jeunes Kurdes d’Irak s’ennuient ferme, d’après Fouad Yassin. Ahmed, le héros de son prochain film documentaire, passe donc ses nuits dans sa boutique, à télécharger de la musique et des films sur Internet. Serait-ce là la seule évasion possible pour un jeune homme irakien?

Fouad Yassin, le réalisateur, est un homme de convictions. Après avoir étudié et travaillé en Suède en tant qu’ingénieur en télécommunications, il a fondé en 1991 l’association Solidarity qui, depuis Stockholm, a rapidement réuni plus de trois cent membres d’origine kurde. Trente-et-un villages, vint-cinq écoles et hôpitaux ont été reconstruits pour venir en aide aux victimes de l’Anfal* au Kurdistan d’Irak. Du déminage à la mise en place de formations en ingénierie informatique, L’association Solidarity cherche à promouvoir un esprit d’entraide et de désintéressement “au sein d’une culture rongée par la suspicion”, souligne Fouad Yassin.

* Le génocide kurde a été ordonné par le régime irakien de Saddam Hussein. Il est surtout connu sous le nom d’Anfal. La campagne de génocide a eu lieu de février 1988 à septembre 1988 conduisant à l’élimination de plus de 180 000 civils kurdes. L’épisode le plus célébre de ce génocide est le bombardement aux gaz chimiques de la ville kurde d’Halabja le 16 mars 1988.

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Pendant ce temps, l’équipe de Khak TV tourne dans un village près de Suleymani.

Meanwhile, the Khak TV team is shooting in a village near Sulaymaniyah.


English version

Film director Fouad Yassin works for Solidarity TV, a Kurdish Iraqi channel.

His project for a documentary film during the workshop is to tell the daily life of Ahmed, a young Kurdish Iraqi who works as a computer repairer. Ahmed lives in Sulaymaniyah and does not have access to any of the youth’s common pleasures in life. It is true that being twenty years old in Iraqi Kurdistan’s second biggest city is no fun at all. You can forget about flirting with girls, going out to the cinema or the concert and drinking in bars with friends! Without any right place to have fun and relax, young Kurdish Iraqis get really bored, according to Fouad Yassin. Therefore Ahamed, the main character of his next documentary feature, spends his nights downloading music and movies in his shop. Is Internet the only possible escapism for a young Iraqi man?

Filmmaker Fouad Yassin is a man of conviction. After studying and working in Sweden as a technician engineer in telecommunications, he founded Solidarity NGO in 1991 from Stockholm and rapidly gathered more than three hundred Kurdish membership. Thirty-one villages, twenty-five schools and hospitals have been built to help and support the Anfal** victims in Iraqi Kurdistan. From demining to computer engineering trainings, Solidarity NGO is looking to promote a spirit of mutual aid and disinterestedness “in a country consumed with suspicion”, explains Fouad Yassin.

** The al-Anfal Campaign, also known as Operation Anfal, was a genocidal campaign against Kurds led by the Iraqi regime of Saddam Hussein and headed by Ali Hassan al-Majid. The campaign takes its name from Surat al-Anfal in the Qur’an, which was used as a code name by the former Iraqi Baathist regime for a series of attacks against the peshmerga rebels and the mostly Kurdish civilian population of rural Northern Iraq, conducted between 1986 and 1989 culminating in 1988.

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Le paysage autour du village dans lequel tourne l’équipe Khak TV.

The landscape around the village in which the Khak TV team shoots its film.

Catégories : Portraits
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D’un atelier à l’autre / From one workshop to another

novembre 27, 2008 · 3 commentaires

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Lors de la projection de “DaBa”, le film de Marywan Rauf

Pour cette deuxième édition de l’atelier, l’Institut Kurdo-Français accueille six équipes de télévision, soit vingt-trois stagiaires d’origine arabe et kurde (Iran et Irak). Sur le thème “Avoir vingt ans”, chaque groupe réalisera un film documentaire d’environ 15 à 20 minutes.

L’atelier s’ouvre sur la projection de DaBa, la ville des Bidons, réalisé par Marywan Rauf lors du premier atelier (fév-mars 2008). Marywan est réalisateur et monteur. Il travaille pour la télévision de l’éducation du Kurdistan d’Irak. Depuis sa participation à l’atelier, il a réalisé un autre film documentaire, Snûr, et souhaite devenir cinéaste dans le domaine de la fiction. DaBa, la ville des Bidons raconte la vie quotidienne des laissés pour compte à Sulaimaniya. Dans un pays qui est un des principaux producteurs de pétrole, certains survivent du recyclage des bidons utilisés pour vendre l’essence à la sauvette. Marywan Rauf nous montre un nouveau montage de son film documentaire, sous-titré en arabe, car cette fois-ci, le groupe comprend aussi des stagiaires arabes chiites.

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Après la projection, les stagiaires prennent des notes en écoutant Marywan Rauf.

Après la projection, les stagiaires pressent le réalisateur de questions : quelle est la part de fiction? Si l’un des personnages a joué une situation, peut-on vraiment dire que DaBa est un film documentaire? Marywan défend son point de vue d’auteur, expliquant que le documentaire ne peut pas être seulement un témoignage, et insiste sur l’importance de la mise en scène. Le ton est donné : le matin même, Fabrice Coppin, formateur en réalisation, avait insisté lors de son cours sur la nécessité absolue d’écrire au maximum son film documentaire.

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Marywan Rauf (à droite) et son frère Kewan, héros de son dernier film “Snûr”.

“La situation actuelle du cinéma kurde n’est pas bonne”, m’explique Marywan lorsque je l’interroge. “J’espère qu’à l’avenir, grâce à des formations comme celle dispensée à l’atelier, nous pourrons avoir de bons cinéastes ici.”
Quel conseil donnerait Marywan aux nouveaux stagiaires? “Écoutez les formateurs! Nous avons besoin d’eux. Ils sont vraiment compétents. Ce serait formidable si cet atelier pouvait durer toute l’année. “

English version

For the second edition of the workshop, the Kurdish-French Institute has invited six television teams (twenty-three trainees altogether) from Arabic as well as Kurdish origins (Iran and Irak).

The workshop begins with the screening of DaBa, the city of cans, a documentary film directed by Marywan Rauf during the first workshop (February-March 2008). Marywan is a film director and an editor. He works for the Kurdish Iraqi educational TV. After the workshop, he directed a second documentary, Snûr, and wishes to make feature films in the future. DaBa, the city of cans, is a daily life unreached account Sulaimaniya. In a country that is one of the major oil producers, some survive recycling cans used to sell gasoline at the haste. As Shiite trainees have joined the workshop this year, Marywan Rauf presents the recently edited version of his film, with Arabic subtitles.

Just after the screening, Marywan Rauf has to answer to the numerous questions asked by the trainees : to which extent is the film fictional? If one of the characters has been asked to replay a situation, can one still assume that DaBa is a documentary? Marywan stands up for his point of view as an author, explaining that a documentary feature cannot only testimony, and insists on the importance of directing the film as he would have directed fiction. An important point that Fabrice Coppin, one of the filmmaking teachers, had been underlining the very same morning : it is absolutely necessary to write your story before shooting a documentary film.

“Current situation in Kurdish cinema is not good”, says Marywan when I interview him. “Hopefully, thanks to specific trainings like this workshop, we will have good film makers in the future.” What would Marywan advise to the new trainees? “Listen to the teachers! We need them. They are really qualified. That would be great if such a workshop could be full-time all over the year”.

Catégories : Projections / Screenings
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